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A Greek Success Story – L’état de la Grèce en 2014


 

   Greece's PM Samaras arrives atEuropean Union leaders summit at EU council headquarters in Brussels

  DRAPEAUX ROUGES ET BRUITS DE BOTTES

Tsipras & GD


 

Les 6 années d’effondrement économique qu’a connu la Grèce se sont accompagnées de l’écroulement rapide du vieux paysage politique. Si les partis gouvernementaux de l’avant-crise se cramponnent encore à leurs sièges de ministres, ils sont tout à fait conscients que leur fin est proche et qu’une relève ambitieuse et souvent radicale l’attend impatiemment.

Les élections législatives de 2009 eurent lieu peu après le début de la crise dite des subprimes. Elles débouchèrent sur une alternance traditionnelle entre les deux principaux partis, et la victoire du Parti Socialiste de Georges Papandréou sur la droite conservatrice de Kostas Karamanlis, avec des scores habituels pour chaque formation (respectivement 43,92 et 33,48%). La crise de la dette publique démarra quelques mois plus tard.

Les élections locales de 2010 se déroulèrent dans les mois qui suivirent les premiers plans d’austérité. Elles portèrent un premier coup aux principaux partis, qui perdirent à eux deux 10% des voix, ce qui se traduisit par une hausse du score de tous les partis d’oppositions, sans que l’un d’entre eux apparaisse encore comme clairement capable d’accéder au pouvoir.

Les élections législatives de mai 2012 se produisirent au cœur de la crise, quand l’avenir du pays était incertain, l’existence de la zone euro lourdement questionnée, les plans d’austérité pléthoriques et les manifestations incessantes. Les deux principaux partis, unis dans un gouvernement dit d’union nationale, perdirent 45% des voix par rapport aux élections de 2009. Le Parti Socialiste entama son déclin et devint le troisième parti de Grèce avec 13% des suffrages, tandis que la droite chutait à 18,85%, seulement 2% de plus que le nouveau premier parti d’opposition, le parti de gauche radicale Syriza (16,79% des voix). Une myriade de nouveaux partis entrèrent au Parlement.

Aucun gouvernement ne pouvant être formé, une seconde élection législative eut lieu en juin 2012. Elles accouchèrent d’un nouveau bipartisme, avec la droite historique de Nouvelle Démocratie à près de 30%, le Syriza à un peu moins de 27, tandis que le Parti Socialiste était réduit à 12. Nouvelle Démocratie et le Parti Socialiste formèrent à nouveau un gouvernement d’union nationale.

Les élections locales et européennes de 2014 poursuivirent les tendances à l’œuvre : les partis gouvernementaux retrouvèrent un niveau historiquement bas (22,72% pour Nouvelle Démocratie, 8,02% pour le Parti Socialiste), alors que Syriza caracolait en tête. Une partie des formations politiques récentes s’effaça, tandis que d’autres progressaient ou apparaissaient.

Alors que le Parti Socialiste et Nouvelle Démocratie regroupaient ensemble plus de 80% des voix depuis 40 ans, ils n’en représentent plus désormais que 30. Les 70% restants des électeurs soutiennent d’autres formations, dont les plus importantes sont les nationalistes du LAOS, les sociaux-démocrates de Dimar, la gauche radicale de Syriza, les communistes orthodoxes du KKE, les souverainistes de droite d’ANEL, les nazis de l’Aube dorée, les centristes de To Potami. Certains de ces partis gouverneront demain la Grèce. Les autres ont déjà joué, ou pourront à l’avenir jouer un rôle dans la constitution de majorités parlementaires – pour former un gouvernement ou le faire chuter.

 

    Parti    Élection législative de 2009    Élection législative de mai 2012    Élection législative de juin 2012    Élection européenne de mai 2014  Sondages pour la prochaine élection législative(données octobre 2014)
 PASOK  43,92% 13,18% 12,28% 8,02% ~5,5%
 Nouvelle démocratie 33,48%   18,85%   29,66% 22,71% ~26%
 KKE 7,54% 8,48% 4,5% 6,09% ~6%
 LAOS 5,63% 2,89% 1,58% 2,69% N’est pas inclus
 SYRIZA 4,60% 16,79% 26,89%  26,58% ~33%
 Aube dorée 0,29% 6,97% 6,92% 9,4% ~8%
 Dimar N’existait pas 6,11% 6,25% 1,2% ~1%
 ANEL N’existait pas 10,62% 7,51% 3,46% ~4%
 To Potami N’existait pas N’existait pas N’existait pas 6,6% ~7%

  Résultats des principaux partis aux élections depuis 2009.En gras, le parti arrivé en tête.